L’Histoire du GAVT et de la classification des émissions au Canada

 

Le Groupe d’action sur la violence à la télévision (GAVT) fut mis sur pied en février 1993 à la suite d’une conférence sur la violence à la télévision et ses effets sur les enfants. Le GAVT a été créé dans le but de fournir aux industries canadiennes de la radiodiffusion et de la câblodistribution les moyens de traiter les divers enjeux se rapportant à la violence à la télévision dans une optique collaborative à l’échelle de l’industrie. Le GAVT était un organisme unique en son genre à l’image du rôle de leadership international que joue le Canada dans le domaine de la protection des enfants.

Le GAVT était un organisme bénévole à but non lucratif dont les deux groupes fondateurs étaient l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) et l’Association canadienne de télévision par câble (ACTC). L’ACR est une association professionnelle qui défend les intérêts des services de radio et de télévision privés. L’ACTC, qui fut dissoute en 2006, représentait les câblodistributeurs de grande et de petite taille. Les autres membres participants du GAVT dans les années 1990 étaient la Société Radio-Canada (SRC), l’Association canadienne de production de film et télévision (ACPFT), l’Association des producteurs de film et de télévision du Québec (APFTQ), l’Association canadienne des annonceurs (ACA) et l’Alliance pour l’enfant et la télévision (AET).

L'organisme a débuté ses activités sous la présidence de l’auteur et journaliste de la presse parlée, Laurier LaPierre. Il a été succédé par une dirigeante du secteur de la radiodiffusion, Trina McQueen, laquelle a cédé la direction de l’organisme à Al Mackay, un autre dirigeant du domaine de la radiodiffusion.

En juin 1993, le Comité permanent des communications et de la culture de la Chambre des communes publiait un rapport intitulé La violence à la télévision, fléau destructeur de notre tissu social? Les auteurs du rapport ont recommandé la mise sur pied d’un système de classification pour la télévision canadienne sous la surveillance du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), lequel est l’organisme gouvernemental chargé de surveiller le système de radiodiffusion canadien.

Après avoir consulté des groupes de défense de l’intérêt public, l’ACR a révisé son Code concernant la violence pour y inclure des règles plus strictes concernant les émissions pour enfants, la violence gratuite et la mise à l’horaire d’émissions à caractère violent qui sont destinées aux adultes. Elle a également indiqué qu’elle s’occupait d’élaborer un système de classification en sa qualité de membre participant aux travaux du GAVT. En octobre 1993, le CRTC a accepté la version révisée du Code de l’ACR concernant la violence ainsi que l’engagement pris par l’Association au chapitre de la classification. Le CRTC a approuvé le Normes et pratiques de la télévision payante et de la télévision à la carte concernant la violence en décembre 1994.

En 1995, le CRTC a entrepris des consultations publiques à grande échelle afin de formuler des stratégies pour traiter la violence à la télévision et la mesure dans laquelle les enfants sont exposés au contenu inapproprié. Tous les secteurs de l’industrie de la radiodiffusion, ainsi que des groupes communautaires et le grand public lui ont fait part de leurs observations tant dans des mémoires écrits qu’aux audiences orales qu’il a tenues à travers le pays. Ces observations de la part du public et de l’industrie lui ont permis d’élaborer et de publier, en mars 1996, sa Politique sur la violence dans les émissions de télévision. Aux termes de cette politique, les radiodiffuseurs étaient tenus d’élaborer un système de classification qui serait obligatoire pour tous les radiodiffuseurs canadiens et qui fonctionnerait avec la technique de la puce antiviolence.

Par l’entremise du GAVT, les industries canadiennes de la radiodiffusion, de la câblodistribution et de la production ont uni leurs efforts afin de développer un système de classification conçu pour la commodité de l’utilisateur. Le CRTC avait demandé au GAVT d’élaborer un système de classification apte à classifier uniquement le contenu à caractère violent. À mesure qu’il développait ce système, cependant, le GAVT s’est rendu compte qu’un système axé uniquement sur la violence ne saurait répondre adéquatement aux besoins des téléspectateurs, car il pourrait y avoir des émissions ne renfermant aucune violence qui ne conviendraient toujours pas aux jeunes téléspectateurs en raison d’autres genres de contenu comme le langage, la nudité, les thématiques sexuelles ou autres thématiques destinées aux adultes. De plus, la majorité écrasante des interrogés qui ont participé au sondage que le GAVT a effectué dans le cadre de ses recherches convenaient que le langage grossier, la nudité, les représentations de sexualité et les thématiques destinées aux adultes devraient faire partie d’un système de classification des émissions télévisées. Le comité de classification du GAVT a donc élaboré, par la suite, une structure de classification qui marie tous ces éléments du contenu pour en faire un système de classification global permettant de fournir encore plus de renseignements aux téléspectateurs que ne l’avait demandé le CRTC.

S’appuyant sur les résultats d’essais de la technologie des fonctions de contrôle parental qui avaient été effectués plus tôt par Shaw Communications, le GAVT a effectué, en 1997, un essai de la technique de la puce antiviolence en conditions réelles à l’échelle nationale. Cet essai englobait également l’évaluation du système de classification par des parents, des groupes de défense de l’intérêt public et des spécialistes de l’utilisation faite des médias par les enfants.

Le système de classification conçu par le GAVT repose sur des lignes directrices précises et uniformes servant à évaluer le contenu des émissions de télévision. Bien que centrées sur la violence, elles se rapportent aussi au contenu à caractère sexuel et au langage. Une cote de classification est affectée selon l’évaluation faite du contenu, cote qui reflète d’ailleurs les étapes généralement acceptées du développement de l’enfant.

En juin 1997, le CRTC a accepté le système de classification conçu par le GAVT. Le CRTC a approuvé les classifications créées par le GAVT pour les services de télévision conventionnelle et spécialisée de langue anglaise. Il a de plus accepté que les services de télévision de langue française utilisent le système de classification en place de la Régie du cinéma du Québec, tandis que les services de télévision payante et à la carte utiliseraient le système de classification de la régie du cinéma provinciale de leur province d’origine respective.

C’est en septembre 1997 que les radiodiffuseurs canadiens ont commencé à afficher les icônes de classification au petit écran. En mars 2001, tous les radiodiffuseurs canadiens codaient ces renseignements relatifs à la classification à leurs signaux pour concorder avec la technique de la puce antiviolence, puisque c’est environ vers cette époque que la plupart des nouveaux téléviseurs de plus de 13 pouces qui se vendaient au Canada devenaient équipés de la puce antiviolence.

Vers le milieu des années 2000, il y a eu un ralentissement des activités du GAVT, car la technique de la puce antiviolence et le système de classification étaient maintenant bien établis au Canada. L’administration du site Web de la puce antiviolence Canada et la responsabilité de répondre aux demandes de renseignements de la part du public ont été intégrées aux opérations du Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR), lequel est un organisme d’autoréglementation mis sur pied pour veiller à l’administration des codes de normes régissant la radiodiffusion, entre autres le Code de l’ACR concernant la violence.

 

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