CONSEIL CANADIEN DES NORMES DE LA RADIOTÉLÉVISION

COMITÉ RÉGIONAL DU QUÉBEC

TQS concernant un épisode de L'Avocat et le diable
(décision de la Cour d'appel)

(Décision du CCNR 05/06-1636)

Rendue le 11 décembre 2006

M.-A. Murat (vice-présidente), B. Kenemy, D. Meloul, G. Moisan

LeS faIts

L'Avocat et le diable est une émission de télévision quotidienne de ligne ouverte qui passe de 9 h à 10 h. Les animateurs de l'épisode mis en cause étaient Richard Desmarais et Stéphane Gendron, lesquels discutent généralement des actualités ou de questions s'y rapportant avec leurs interlocuteurs. La question du jour le 31 mai 2006 était la suivante : « La juge Lise Côté, doit-elle démissionner? » Le sujet du jour fut amorcé par la décision rendue par la Cour d'appel qui a été saisie d'un appel interjeté contre la décision rendue par un tribunal inférieur concernant la détermination de la peine imposée à un pédophile. Le banc était partagé 2 à 1, et Madame la juge Côté a rédigé l'opinion de la majorité. La transcription faisant état de l'historique de la condamnation faite à l'origine et de la peine qui en découlait se trouve à l'Annexe A. Seule la partie de la transcription se rapportant aux commentaires faits à l'endroit de Madame la juge Côté est reproduite dans la décision comme telle.

L'appel portait sur la condamnation, lors de son procès, d'un homme identifié comme étant Luc X, à 15 ans de prison - selon les coanimateurs de l'émission - pour un crime que ces coanimateurs n'ont pas précisé en termes juridiques. Leurs propos laissent entendre qu'il s'agissait de l'abus sexuel d'une enfant très jeune, à savoir la fille de l'accusé, et du fait qu'on avait montré ce qui c'était passé, ainsi que d'autres exemples, sur Internet.

En fait, comme la décision de la Cour d'appel le précise, la sentence prononcée par l'honorable Dominique Wilhelmy de la Cour du Québec était pour huit ans et huit mois pour agression sexuelle, plus cinq ans pour la production de pornographie juvénile, plus cinq ans pour la distribution de cette pornographie et trois ans pour sa possession. Les peines imposées pour la pornographie juvénile devaient se purger en même temps, mais celle pour agression sexuelle était consécutive, ce qui portait la durée de l'incarcération à 13 ans et huit mois.

Dans sa décision, la Cour d'appel a réduit la peine à six ans pour agression sexuelle, plus trois ans pour la production de pornographie juvénile, trois ans pour la distribution de cette pornographie, et un an pour sa possession. Comme se fut le cas dans la décision de première instance, les peines imposées pour la pornographie juvénile devaient se purger en même temps, mais celle pour agression sexuelle était consécutive, ce qui portait la durée de l'incarcération à neuf ans.

Les coanimateurs ont décrit le crime, ou y ont fait référence, pendant leurs échanges, mais ils ont consacré beaucoup d'effort et de commentaires à Madame la juge Côté sur le plan personnel. Ils ont fait remarquer qu'elle était la personne la plus récemment nommée à la Cour d'appel du Québec, et le coanimateur Gendron a fait la recommandation suivante : « Puis la première qui devrait être destituée. » Les coanimateurs ont dit ce qui suit au sujet d'une question soulevée par la majorité du banc :

Gendron : Mais parce qu'elle n'a pas été attachée ou bâillonnée, aye, Lise Côté t'es-tu déjà faite faire ça toi? En plus elle dit « je ne suis pas sûre que le père a mis son zizi -

 

Desmarais : Aye, ça là.

 

Gendron : - dans la fille. »

 

Desmarais : Alors ce matin là -

 

Gendron : Aye, Lise Côté là, je pense que t'as un petit, euh, problème de jugement -

 

Desmarais : On va, on va la citer mot à mot.

 

Gendron : - très grave.

 

Desmarais : On va la citer parce qu'elle dit que -

 

Gendron : Oui, ça vaut la peine. Écoutez ça.

 

Desmarais : Elle écrit au nom des juges que « les gestes posées ne sont, ne non, n'ont pas été dans un contexte de violence physique. »

 

Gendron : J'espère que -

 

Desmarais : C'est pas de violence physique, une agression sexuelle sur enfant.

 

Gendron : Sur un enfant.

 

Desmarais : « N'ont pas été dans un contexte de violence physique allant au-delà de la violence inhérente pour ce genre de crime. »

 

Gendron : Ouais.

 

Desmarais : J'en venais pas.

 

Gendron : [lit journal] « Aucune preuve médicale ne fait état du zizi de son père. » Là c'est grave. Et pour la sentence, il faut lui donner une chance : il n'a qu'une antécédente en semble matière. Le pédo Luc X avait déjà commencé sa carrière. Étant mineur, il en abusait des plus jeunes que lui. Il a juste 34 ans [sic, la Cour d'appel a dit qu'il avait 32 ans].

 

[.]

 

Desmarais : On se débarrasse de lui pour quinze ans puis la juge Lise Côté, avec un autre, avec un autre juge, euh, du banc, deux contre un - parce qu'il y en a un qui s'est tenu debout dans cette affaire qui a dit, écoutez, si lui, il a pas droit au maximum, il y en aura jamais un maximum en pensant. Parce que si on veut se mettre à penser qu'il y a peut-être pire à venir ou qu'il y aurait peut-être un jour pire, la maximum ça s'appliquait pour -

 

Gendron : Puis la déshonorable Côté va nous faire gaspiller de l'argent en frais d'appel parce que ça va se ramasser en Cour suprême. La procureure de la Couronne peut pas endurer une imbécilité comme ça. C'est ignoble. Cette femme-là a pas d'honneur.

 

Desmarais : Stéphane, tu viens dire un mot : ce serait venu d'un homme, toutes les femmes se seraient élevées debout pour décrier ce juge, homme, qui vient de rendre une décision. Ce qui m'étonne, c'est une décision de femme.

 

Gendron : Oui. On peut pas dire -

 

Desmarais : Une décision de femme!

 

Gendron : - si elle est folle. Le problème c'est qu'on ne peut pas dire qu'elle est folle.

 

Desmarais : On peut constater l'état dans laquelle elle doit être -

 

Gendron : Comprenez-vous?

 

Desmarais : - quand elle a écrit -

 

Gendron : Comment on est muselé, nous les médias. On ne peut pas dire que cette femme-là c'est une folle.

 

Desmarais : Non, mais la chose qu'on peut vous demander c'est croyez-vous la juge Côté? Puis ça c'est notre question ce matin, la juge Lise Côté à la Cour d'appel du Québec, la dernière à arriver, a été nommée il y a moins d'un an, en juillet 2005, croyez-vous que la juge Côté doit démissionner? Ou encore, croyez-vous qu'on doit la démissionner si, euh -- ?

 

[.]

 

Desmarais : C'est pas la première fois que -

 

Gendron : Non.

 

Desmarais : - devant les tribunaux il y a des déclarations stupides concernant la protection des enfants, concernant des, les agissements de ceux qui abusent des enfants. Puis que ça, ç'a crée pas plus de remous que ça.

 

[.]

 

Gendron : Nous-autres, on dit ça en ondes, on perd notre job. Notre vingt secondes de gloire là. On l'aurait tout de suite. En vingt secondes je serais congédié si dirais des affaires de même.

 

[.]

 

Gendron : Donc la preuve est que maintenant, en cas de crime sexuel, tu ne laisses plus de discrétion aux juges. Dans le cas que t'as abusé d'un enfant, c'est quinze ans! C'est pas négociable!

 

Desmarais : Ouais, c'est ça. Mais cette juge-là, la, la juge Côté, dans un cas-là qu'elle avait dit que « le Québec est la province au, au pays où l'accès des médias au palais de justice est le plus ouvert. Cependant, il faut constamment s'assurer de la sérénité du processus judiciaire. » La sérénité, ce sont les journalistes qui regardent aller ça -

 

Gendron : Oui. Une chance.

 

Desmarais : Ben plus que la, la magistrature de son, de son [?].

 

Gendron : Là, il y a un courriel qui rentre, haineux envers, euh, la juge Côté. On peut peut-être pas tout lire ça en ondes mais -

 

Desmarais : Non, non, moi, ça non.

 

Gendron : - les gens se demandent si au fond la juge Côté a pas de la sympathie pour les pédophiles.

Puis, les animateurs ont pris leur premier appel, de la part de Suzanne, laquelle a fait des comparaisons avec le cas de la juge Andrée Ruffo de la Cour du Québec, Chambre de Jeunesse. Le coanimateur Gendron ajoutait ensuite les commentaires suivants :

Gendron : Moi ça me révolte. Moi j'sus dans tous mes états à matin. J'ose même pas vous dire en ondes ce que je pense de cette, euh, j'espère que la Côté, elle nous écoute de son, dans son cabinet de toilette de magistrature.

 

Desmarais : Non, non, ils vont lui faire un rapport, ils vont lui faire un rapport.

 

Gendron : Il va y faire une cassette. Appelle à TQS, faites sortir de la cassette. Puis elle écoutera ça dans son cabinet de toilette de juge à Cour d'appel.

 

Suzanne : Mais, je trouve ça vraiment dommage pour vous, Monsieur Gendron, que vous soyez pas capable, que vous ayez pas le droit de dire vraiment ce que vous pensez.

 

Gendron : Ben non. Parce que le Barreau va me ramasser, parce que les patrons au troisième vont me ramasser.

 

Desmarais : Et surtout -

 

Suzanne : [??] dans vos yeux là.

 

Gendron : Ils vont donner mes vingt secondes de gloire [?].

 

Desmarais : Et surtout elle se, elle se mêle de la preuve. C'est qu'elle s'est mêlée de la preuve. Dans sa décision elle questionne -

 

Gendron : Oui!

 

Desmarais : - l'histoire de la pénétration. C'est pas de ses affaires!

 

Gendron : Exact.

 

Desmarais : Ça appartient au juge qui a entendu le procès.

 

Gendron : [??]

 

Desmarais : Et si elle a quelque chose à dire là-dessous, qu'elle leur donne un nouveau procès!

 

Gendron : Leur donne -

 

Desmarais : That's it, that's all.

 

Gendron : Ben oui. On apprend ça en première année de droit, les juges de la Cour d'appel, le plus haut tribunal, mais elle a fait quoi? Est-tu une nomination politique ça?

L'interlocutrice Esther a ensuite exprimé son opinion sur le sort possible de la juge Côté.

Esther : Moi je, je suis, euh, comme d'avis avec Madame Suzanne là, de tantôt là. Je trouve qu'elle mérite même pas de, d'être, de démissionner -

 

Gendron : [??] pas d'honneur, elle démissionnera pas.

 

Esther : Mais elle devrait être congédiée.

 

Desmarais : Ça se fait pas. C'est pas l'affaire.

 

[.]

 

Gendron : Faudrait peut-être qu'elle se fasse violer la juge, puis se voir c'est quoi. Pour qu'elle y goûte un peu.

 

Esther : Ç'a aucun bon sens. Ça n'a pas de logique de tout.

 

Desmarais : Mais ça n'a pas.

 

Esther : Mais je voulais, je voulais dire à Monsieur Desmarais, je trouve que vous avez beaucoup de classe.

 

Desmarais : Merci.

 

Esther : Monsieur Gendron, des fois un petit peu moins. [Desmarais rit]

 

Gendron : Moi, je [???].

 

Esther : Mais -

 

Gendron : J'sus [??].

 

Esther : [??] mais j'sus souvent d'accord avec vous, mais des fois je trouve que vous permette un peu, c'est cru un peu.

 

Gendron : Non, c'est vrai.

 

Desmarais : C'est, c'est -

 

Esther : [???].

 

Gendron : Pour ceux qui m'ont engagé [il rit].

 

Esther : [??] parce que je pense que il y en avait de problème.

 

Desmarais : Ouais.

 

Esther : Mais en tout cas, je trouve vraiment là que Madame, euh, Côté, elle a vraiment pas de bon sens.

 

Gendron : Vous êtes polie.

 

Esther : Puis, elle devrait la [?] de [?] au [??].

 

Desmarais : Ben polie, Madame, vous êtes ben polie. Merci, Esther.

La prochaine interlocutrice, Josée de Gatineau, avait plus de franc-parler que l'interlocutrice précédente.

Josée : Oui, moi j'avais beaucoup de frustration face à ce qui se passe maintenant parce que cette dame-là, euh, est une honte pour le système judiciaire du Québec.

 

Gendron : Vous parlez de « la dame ». Oui, « la dame », vous êtes polie.

 

Josée : Euhm, ouais. Je devrais utiliser un autre mot, mais j'sus polie. Euh, par rapport à, à est-ce qu'elle devrait démissionner, euh, premièrement elle devrait être congédiée. Cette dame-là qui est-elle pour juger d'un événement semblable? A-t-elle des enfants premièrement?

 

Gendron : C'est sûrement pas une mère de famille.

 

Josée : Sûrement pas. [.]

 

Gendron : Mais là il va sortir au bout de trois ans.

 

Desmarais : Non, non.

 

Josée : Exactement.

 

Gendron : Non? Le tiers de la peine?

 

Desmarais : Cinq.

 

Josée : On, oui, les voleurs font plus de temps que les agresseurs.

 

Desmarais : Mais c'est-à-dire [?] avec la nouvelle peine.

 

Gendron : La nouvelle, ouais.

 

Desmarais : La nouvelle peine, oui. Trois ans, c'est fini.

 

Gendron : Trois ans c'est fini. S'il a un bon comportement après il pourra remettre son zizi ailleurs. Pour aller le mettre dans le zizi à Lise Côté peut-être.

Les coanimateurs ont discuté de la question de savoir si la Couronne en appellerait de la décision rendue par la Cour d'appel quant à la peine, et ils ont encouragé les téléspectateurs à communiquer avec le ministre de la Justice par courriel pour lui demander de congédier Madame la juge Côté. Après la pause publicitaire, les animateurs on lu plusieurs courriels qu'ils ont reçus.

Desmarais : Ouais, ça, ça s'en pile. Regarde ça. [il lit des courriels] [JC] à Rivière-du-Loup : « Elle ne doit sûrement pas avoir d'enfants. » Karen: « C'est pas digne. » « C'est un scandale, » [LG].

 

Gendron : « Super idiote. Elle doit démissionner. »

 

Desmarais : « C'est dégueulasse, dégueulasse, » [DL]. [JT] : « Ce, ce jugement m'a pratiquement fait vomir. »

 

Gendron : Ouais, ouais. Ici [M-CM] : « C'est une super idiote. Elle devrait démissionner au plus sacrant. Ayant moi-même été abusée sans être pénétrée, j'ai encore des séquelles à 55 ans.

Puis, ils ont téléphoné au cabinet de la juge.

Desmarais : Attends un peu. 'Garde, on va essayer [?]. On va essayer d'appeler son bureau.

 

Gendron : Ah ouais.

 

Desmarais : Des fois, des fois ça fonctionnerait. On sait pas si ça va, si ça va fonctionner parce qu'on connaît le devoir de réserve des juges.

 

Gendron : L'indépendance.

 

Desmarais : Ils n'ont pas le droit, ils n'ont pas le droit de commenter les jugements. Mais, est-ce que, on sait pas si, âllo, âllo, âllo? Est-ce que ça fonctionne?

 

Gendron : Oui.

 

Desmarais : Est-ce qu'on peut entendre ce qui ...

 

Gendron : Madame Côté?

 

Secrétaire : Euh, Madame Côté, j'sus sa secrétaire.

 

Gendron : Oui, est-ce qu'elle est encore juge?

 

Secrétaire : Oui.

 

Gendron : Après un jugement qu'elle a rendu dans le dossier de Luc X, elle a pas eu l'honneur de démissionner? ... Âllo?

 

Secrétaire : Qui est-ce qui parle là?

 

Gendron : Stéphane Gendron à TQS. Vous êtes en ondes à la télé. Est-ce que Madame Côté va démissionner? [la secrétaire raccroche] Ô.

 

Desmarais : Ô.

 

Gendron : Une femme frustrée. Ôôô.

 

Desmarais : Ben non. Il faut comprendre le [?] judiciaire est fait comme ça. Tu peux pas, tu peux pas demander à un juge de venir s'expliquer ici comme on demande à d'autres personnes.

 

Gendron : Je parlais pas au juge, je parlais à sa secrétaire, à sa [boniche?] de service.

 

Desmarais : Mais non. Sa secrétaire non plus a pas à expliquer. Mais elle aurait pu nous dire « écoutez, Madame, ou Monsieur, euh - »

 

Gendron : « Elle n'est pas disponible, elle est dans son cabinet d'aisance. » Est-ce que sa toilette est silencieuse là?

La prochaine interlocutrice, qui se nommait également Josée, appelait de Laval.

Desmarais : Je ne sais pas. O.K., on va prendre un appel du côté de Laval. Josée, bonjour.

 

Josée : Oui, bonjour.

 

Desmarais : On vous écoute.

 

Josée : Oui. Ben moi, j'ai juste une chose à dire. C'est que cette femme-là devrait être destituée. Et puis comme femme là, j'ai honte d'être femme quand je vois des gens se comporter comme la, comme Madame Côté l'a fait. C'est tout ce que j'ai à dire.

 

Gendron : C'est une honte nationale. Merci, Josée.

 

Desmarais : Une femme. Une femme. Parce qu'un homme là, de dire, les, les femmes seraient montées aux barricades pour réclamer le départ de cet homme de la magistrature.

 

Gendron : Puis tu sais quoi? L'opinion dissidente du jugement, le seul juge qui a eu des couilles, puis le jugement, c'est un homme!

 

Desmarais : Ouais.

 

Gendron : Ben pour dire, hein?

 

Desmarais : Benoît Morin. Le juge Benoît Morin. Benoît Morin qui a dit que la peine maximum ça s'applique -

 

Gendron : Mais t'sais? Ça n'a rien à voir avec le sexe quand même, mais c'est vrai que c'est dégoutant qu'une femme puisse penser ça.

 

Desmarais : Non, non, mais ça n'a rien à voir parce que c'est pas un homme. Si c'était un homme, sur la place publique aujourd'hui on aurait les, les pancartes de femmes pour dire -

 

Gendron : Avec raison.

 

Desmarais : - que cet homme-là n'a plus la compétence et la décence pour être assis sur un banc de, de la Cour d'appel.

 

Gendron : Avec raison. Oui, oui.

 

Desmarais : Avec raison. Mais on le ferait pas parce que c'est une femme.

Ensuite, c'était Gaston au téléphone.

Gaston : Monsieur Gendron, t'as pas le droit de dire qu'elle est folle mais moi je vais te le dire qu'elle est une hostie de folle.

 

[.]

Suite à cet appel, les animateurs ont parlé avec Gisèle et ils ont terminé cet entretien avec les commentaires suivants :

Desmarais : Je vous rappelle la question qu'on pose ce matin, Lise Côté ça c'est la juge de la Cour d'appel qui a rendu la brillante décision sur Luc X. Quinze ans à neuf ans. On réduit sa sentence. Doit-elle démissionner?

 

Gendron : Est-ce que ç'a une réputation, une juge?

Les interlocuteurs ont continué à exprimer des points de vue semblables. Les animateurs ont également lu des courriels en faisant des commentaires au fur et à mesure :

Gendron : C'est quoi y-a-tu changé de mot. [AS] ici de Terre-Bonne, c'est « Je crois sérieusement qu'on devrait remplacer la juge Côté par des ordinateurs ou des singes. » Mais c'est quasiment une insulte aux singes. [Richard Desmarais rit] C'est comme histoire des vaches séparatistes là. Sénateur Hébert qui avait dit à Josée Legault « vous êtes une vache séparatiste » puis après il s'est excusé auprès des vaches.

 

Desmarais : Les déclarations du fou.

Une plainte au sujet de cet épisode fut envoyée au CRTC le jour de l'émission et le réglementateur l'a acheminée au CCNR au moment voulu. Il y est indiqué, en partie principale, ce qui suit (le texte intégral de toute la correspondance afférente se trouve à l'Annexe B) :

À plusieurs reprises, l'animateur Stéphane Gendron a encouragé et incité à des actes de violence, ainsi que diffamé Madame la juge Lise Côté.

 

[.] Stéphane Gendron déclare que Madame Côté « devrait se faire violer pour savoir ce que c'est » et que l'accusé dans cette affaire « devrait aller mettre son zizi dans le zizi de la juge » lorsqu'il aura terminé de purger sa peine.

 

[.]

 

[.] L'animateur Gendron traite Madame Côté de « maudite folle » et ce, à deux reprises, puis compare la juge à un « singe » en ajoutant que c'est de faire insulte aux singes.

 

En conséquence : Je considère qu'il s'agit-là de propos diffamatoires et inacceptables selon les normes du CRTC et que TQS Inc. a manqué à son devoir de respecter les règles de sa licence de diffusion.

Le vice-président des Communications a répondu le 13 juin en partie principale comme suit :

Nous regrettons sincèrement que les paroles de M. Gendron vous aient offensé et nous nous en excusons. Par contre, tel que nous la décrivons dans notre cahier de programmation, l'émission L'avocat et le diable est un « magazine d'opinions qui traite des grands enjeux de l'heure ». Dans le cadre de ce magazine d'actualité, M. Gendron se fait très souvent « l'avocat du diable ». Celui-ci est reconnu pour son franc-parler et ses paroles souvent cinglantes ont le but avoué de soulever la discussion ou de provoquer une réaction chez les téléspectateurs, ce qui est conséquent avec le style de l'émission. Nous croyons bien humblement que ces commentaires sont dans les limites protégées par la liberté d'expression. Dans le même ordre d'idée [sic], nous vous référons à la décision du CCNR 01/02-0512 du 20 décembre 2002.

 

Lors de cette émission, M. Gendron exprime essentiellement une opinion à savoir qu'à ses yeux la sentence imposée par la Cour d'appel était beaucoup trop clémente. Pour appuyer son commentaire M. Gendron utilise différentes images qui n'ont pour but que d'illustrer la gravité du crime commis et qui, fondamentalement ne s'attaquent pas à la réputation personnelle du juge mais bien à sa décision rendue à titre de juge de la Cour d'appel.

Le 14 juillet, le plaignant faisait parvenir sa Demande de décision au CCNR, dans laquelle il dit :

La réponse du diffuseur (TQS Inc.) ne résoud [sic] en rien mes préoccupations. TQS ne reconnaît pas la gravité des propos tenus par l'animateur non plus que l'influence néfaste que pourrait avoir ce genre de propos auprès du grand public, et ne semble pas reconnaitre sa responsabilité de respecter ses obligations éthiques en tant que titulaire du « privilège » qui lui est accordé d'utiliser les ondes publiques canadiennes.

 

Contrairement au diffuseur, je crois que les paroles prononcées dépassaient largement le cadre de la liberté d'expression. D'ailleurs, il est à noter que le coanimateur de l'émission du 31 mai 2006 a dû reprendre à plusieurs reprises M. Stéphane Gendron dans ses propos, et semblait visiblement agaçé [sic] et embarrassé par la teneur même de ces propos. Malheureusement, plutôt que d'adresser directement le problème, le diffuseur a décidé de m'expliquer dans sa réponse le concept de son émission, ce qui est inutile et que je trouve personnellement quelque peu infantilisant. Je connais parfaitement le concept et le style d'émission d'affaires publiques préconisées par TQS Inc.

 

LA DÉCISION

Le Comité régional du Québec a étudié la plainte à la lumière des dispositions suivantes de deux codes de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), notamment le Code de déontologie et le Code concernant la violence :

Code de déontologie de l'ACR, article 6 (Présentation complète, juste et appropriée)

C'est un fait reconnu que la tâche première et fondamentale de chaque radiotélédiffuseur est de présenter des nouvelles, des points de vue, des commentaires ou des textes éditoriaux d'une manière complète, juste et appropriée. Ce principe s'applique à toute la programmation de la radio et de la télévision, qu'il s'agisse des nouvelles, des affaires publiques, d'un magazine, d'une émission‑débat, d'une émission téléphonique, d'entrevues ou d'autres formules de radiotélévision dans lesquelles des nouvelles, des points de vue, des commentaires ou des éditoriaux peuvent être exprimés par les employés du radiotélédiffuseur, leurs invités ou leurs interlocuteurs.

Code de l'ACR concernant la violence, article 1 (Contenu)

1.1 Les télédiffuseurs canadiens ne doivent pas diffuser d'émissions qui : 

[.]

·                     endossent, encouragent or glorifient la violence.

Code de l'ACR concernant la violence, article 7 (Violence contre les femmes)

7.1 Les télédiffuseurs ne doivent pas présenter d'émissions qui endossent, encouragent ou glorifient quelque forme de violence contre les femmes.

Les décideurs du Comité régional du Québec ont passé en revue un enregistrement de cette émission téléphonique et ont lu toute la correspondance afférente. Le Comité en vient à la conclusion que l'épisode en cause a enfreint l'article 6 du Code de déontologie de l'ACR, ainsi que l'article 1 du Code de l'ACR concernant la violence, mais non l'article 7 de ce dernier code.

 

Présentation complète, juste et appropriée des commentaires, des textes éditoriaux et des points de vue

Le CCNR a rendu une décision antérieure qui est semblable du point de vue des faits, et ce de façon frappante, notamment CILQ-FM concernant John Derringer's "Tool of the Day" (Décision du CCNR 02/03-1465, rendue le 10 février 2004) . Il s'agissait, dans ce cas-là, d'un commentaire radiodiffusé qui se rapportait à la décision de la Cour de justice de l'Ontario imposant une peine à un particulier trouvé coupable de possession de pornographie juvénile. Le commentateur n'était pas d'accord avec la décision rendue par le juge. Voici, en partie, ce qu'il a dit :

[traduction]

Il va falloir qu'à un moment donné, dans cette province, un juge comme [le juge X] soit saisi de preuves présentées à la cour dans un cas comme celui de Yong Jun Kim, et que ce soit son enfant forcée à pratiquer la fellation sur un homme, avec distribution autour du monde sur Internet. Ça sera sa petite fille forcée à participer à des actes de bestialité. Ça sera une amie de la famille qui est forcée à faire quelque chose de dégoûtant pour que ce soit ensuite communiqué à travers le monde sur Internet.

[.]

Monsieur [le juge X], vous êtes une honte pour notre système de justice, vous êtes une honte pour notre société, et même si j'aimerais bien, je n'arrive pas à espérer qu'un jour ce sera votre enfant qui fait ce qui est présenté dans les vidéos appartenant à Yong Jun Kim.

Les points d'identité entre le ton et la teneur des commentaires faisant l'objet de la plainte dans la décision concernant CILQ-FM et la présente affaire sont évidents. Ils sont insultants est se fondent sur du langage extrêmement irrévérencieux pour décrire les juges respectifs. Dans la décision concernant CILQ-FM, le Comité régional de l'Ontario a convenu que c'est une chose de ne pas être d'accord avec le jugement. C'était de bonne guerre, tout comme le fait de ne pas être d'accord avec une politique gouvernementale, par exemple. Cependant, le Comité était perturbé par les commentaires vindicatifs à l'endroit du juge lui-même. Comme l'a dit le Comité :

Le fait que les commentaires de Derringer ne soient pas bridés par une perspective intellectuelle ou inspirée d'une politique était toutefois bien pire. Pour lui, matraquer le jugement du juge X ne suffisait pas; il a dû ensuite lacérer le juge sur le plan personnel. Les propos exagérés de Derringer portaient sur les aspects suivants [c'est nous qui soulignons dans chaque exemple] : « un juge, un supposé juge nommé [le juge X] », « s'il y a des arguments pour défendre [le juge X], le juge, et il y en a très peu », et « [le juge X], vous êtes une honte pour notre système de justice, vous êtes une honte pour notre société. » Le Comité régional de l'Ontario trouve que les commentaires de John Derringer ont enfreint l'article 6 du Code de déontologie de l'ACR [.] en raison des attaques personnelles à l'endroit du juge [soulignement dans le texte d'origine].

Dans l'épisode de L'Avocat et le diable mis en cause, TQS a diffusé, par le biais du coanimateur Gendron directement, ou par celui des interlocuteurs ou des courriels de la part de téléspectateurs, une litanie de commentaires à caractère personnel au sujet de Madame la juge Côté, dont la plupart n'aurait pas dû être diffusée. Dans son ensemble, cette accumulation va, de l'avis du Comité régional du Québec, bien trop loin. Les propos offensant sont les suivants (c'est nous qui soulignons dans chacun des exemples suivants dans cette partie de la décision) :

Puis la déshonorable Côté va nous faire gaspiller de l'argent en frais d'appel parce que ça va se ramasser en Cour suprême. La procureure de la Couronne peut pas endurer une imbécilité comme ça. C'est ignoble. Cette femme-là a pas d'honneur.

Le coanimateur Gendron a alors posé la question rhétorique et inexcusable, « si elle est folle ». Le Comité estime qu'il n'y a pas moyen de dire, selon cette observation, qu'elle est « folle » de sorte à disculper l'animateur ou le télédiffuseur de cette affirmation. L'effet ne laisse aucun doute. Les téléspectateurs saisissent très bien que cette accusation est du cru du coanimateur Gendron (et du télédiffuseur). De plus, M. Gendron a répété cette qualification pas moins de quatre fois et en plus dans la bouche de l'interlocuteur Gaston, qui a effectivement déclaré de façon éhontée, que même si vous ne pouvez pas le dire, moi je peux. Fort de la supposition, en fin de compte peut-être injustifiée, qu'il ne serait pas renvoyé de son poste au micro à TQS ou expulsé par le Barreau du Québec, Gendron a renchéri sur le niveau et le style des insultes. De plus, il n'a fait aucun effort que ce soit pour restreindre les interlocuteurs qui, eux, se laissaient entraîner par l'exemple de sa négativité croissante. Voici une liste d'exemples qui étaient distincts à l'origine :

Gendron : [J]'espère que la Côté, elle nous écoute de son, dans son cabinet de toilette de magistrature.

Gendron : Puis elle écoutera ça dans son cabinet de toilette de juge à Cour d'appel.

 

Gendron : Est-tu une nomination politique ça?

 

Josée : Oui, moi j'avais beaucoup de frustration face à ce qui se passe maintenant parce que cette dame-là, euh, est une honte pour le système judiciaire du Québec.

 

Josée : Cette dame-là qui est-elle pour juger d'un événement semblable? A-t-elle des enfants premièrement?

 

Gendron : C'est sûrement pas une mère de famille.

Il a ensuite lu des courriels, ajoutant ainsi à sa responsabilité et à celle du télédiffuseur :

Gendron : « Super idiote. Elle doit démissionner. »

 

Desmarais : « C'est dégueulasse, dégueulasse, » [DL]. [JT] : « Ce, ce jugement m'a pratiquement fait vomir. »

 

Gendron : Ouais, ouais. Ici [M-CM] : « C'est une super idiote. »

Le manque de jugement et d'un sens de limite dont a fait preuve le coanimateur Gendron a pris des proportions encore plus larges. Il a téléphoné au cabinet de Madame la juge Côté et a pris sa secrétaire par surprise.

Gendron : Après un jugement qu'elle a rendu dans le dossier de Luc X, elle a pas eu l'honneur de démissionner? ... Âllo?

Ayant posé cette question injustifiée, il en enchaîné avec ce qui suit :

Gendron : « Elle n'est pas disponible, elle est dans son cabinet d'aisance. » Est-ce que sa toilette est silencieuse là?

Lorsqu'elle s'est rendue compte de ce qui en était et qu'elle passait en ondes, la secrétaire a fait preuve de bon jugement et a raccroché sans faire de commentaire. Le Comité termine ses observations au sujet des propos du télédiffuseur avec les extraits suivants :

Gendron : C'est une honte nationale. Merci, Josée.

 

Gaston : Monsieur Gendron, t'as pas le droit de dire qu'elle est folle mais moi je vais te le dire qu'elle est une hostie de folle.

 

Gendron : C'est quoi y-a-tu changé de mot. [AS] ici de Terre-Bonne, c'est « Je crois sérieusement qu'on devrait remplacer la juge Côté par des ordinateurs ou des singes. » Mais c'est quasiment une insulte aux singes.

Le Comité estime que les commentaires précédents ne s'inscrivent pas dans les commentaires critiques que les radiodiffuseurs font typiquement au sujet de politiques ou de décisions au palier gouvernemental ou juridique. Le Comité réitère qu'il appuie le principe de la critique des politiques du genre en tant qu'aspect fondamental du processus démocratique, et que des discussions justes au sujet des controverses qui peuvent découler de ce genre de décisions constituent également un aspect fondamental. Il n'éprouve pas non plus de difficulté devant le fait que les radiodiffuseurs peuvent, hors du contexte des nouvelles, exprimer des points de vue par le biais d'éditoriaux concernant des questions controversées. Il s'attend, cependant, à ce que les commentaires, opinions et critiques du genre soient ad rem et non ad hominem ou ad feminam - autrement dit qu'ils s'en tiennent à la question sans déborder sur la personne - au contraire de ce qui s'est passé dans l'affaire qui nous occupe. Il trouve que l'émission mise en cause a dépassé, et ce d'une marge considérable, les limites de la présentation complète, juste et appropriée des points de vue, des textes éditoriaux et des commentaires. Il conclut que l'émission faisant l'objet de la plainte a enfreint l'article 6 du Code de déontologie de l'ACR.

L'endossement de la violence

Non seulement le télédiffuseur est-il allé trop loin en faisant des commentaires personnels très ciblés, le Comité considère que certains de ces commentaires endossaient la violence ou y incitaient. Dans le premier de ce genre de commentaire, le coanimateur Gendron a affirmé :

Faudrait peut-être qu'elle se fasse violer la juge, puis se voir c'est quoi. Pour qu'elle y goûte un peu.

Et dans le deuxième, on discute de l'accusé de la façon suivante :

Trois ans c'est fini. S'il a un bon comportement après il pourra remettre son zizi ailleurs. Pour aller le mettre dans le zizi à Lise Côté peut-être.

Ces commentaires portent les observations personnalisées à un extrême encore plus inacceptable. Ils laissent entendre que la seule façon que la juge pourrait possiblement comprendre les conséquences de sa décision serait qu'elle se retrouve dans la même situation que la victime dans le cas faisant l'objet de sa décision. Le Comité régional de l'Ontario a été saisi de ce genre de circonstance dans l'affaire CILQ-FM, où l'on a incité à la violence contre la famille du juge. Dans la présente affaire, on préconise la violence à l'endroit de la juge elle-même. Cela constitue, de l'avis du Comité, l'endossement d'actes de violence contre une personne faisant partie de la Cour d'appel et, par conséquent, une violation de l'article 1 du Code de l'ACR concernant la violence. Bien que cette incitation vise une particulière, qui comme toutes les autres personnes, a un statut d'homme ou de femme, le Comité n'estime pas que cette suggestion est axée sur le sexe de la personne visée. Par conséquent, le Comité ne trouve aucune violation de l'article 7 du Code de l'ACR concernant la violence.

 

La réceptivité du radiodiffuseur

Dans chaque décision qu'il rend, le CCNR se penche sur la question de savoir si le radiodiffuseur a respecté son obligation de répondre aux préoccupations du plaignant de façon appropriée. Non seulement ce dialogue fait-il partie des responsabilités de chaque radiodiffuseur en tant que membre du CCNR, mais il représente aussi la confiance que le public peut accorder au processus d'autoréglementation. Bien que les radiodiffuseurs s'intéressent toujours à la réaction de leurs auditoires envers ce qu'ils leur présentent sur les ondes, ce dialogue avec un auditeur ou téléspectateur témoigne de cet intérêt au plaignant. Dans ce cas-ci, le Comité estime que le vice-président des Communications à TQS a répondu au plaignant de façon complète et appropriée.

 

CONTENU DE L'ANNONCE DE LA DÉCISION

TQS est tenue : 1) d'annoncer la présente décision selon les conditions suivantes : une fois pendant les heures de grande écoute dans un délai de trois jours suivant la publication de la présente décision et une autre fois dans les sept jours suivant la publication de la présente décision dans le créneau dans lequel elle a diffusé cette émission; 2) de fournir, dans les quatorze jours suivant les diffusions des deux annonces, une confirmation écrite de cette diffusion au plaignant; et 3) d'envoyer au même moment au CCNR copie de cette confirmation accompagnée de la bande-témoin attestant les diffusions des deux annonces que TQS est tenue de faire.

Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision a jugé que TQS a enfreint certaines dispositions du Code de déontologie et du Code concernant la violence de l'Association canadienne des radiodiffuseurs lorsqu'elle a diffusé l'épisode de L'Avocat et le diable du 31 mai 2006. Lorsqu'il a critiqué une décision rendue par la Cour d'appel, un des coanimateurs a fait des attaques personnelles inappropriées à l'endroit de la juge, ce qui enfreint l'article 6 du Code de déontologie de l'ACR, lequel exige la « présentation complète, juste et appropriée des nouvelles, des points de vue, des commentaires et des textes éditoriaux. » Dans ses commentaires, le coanimateur a également endossé ou encouragé la possibilité d'attaques sur la personne de la juge, ce qui contrevient à l'article 1 du Code de l'ACR concernant la violence, lequel interdit des émissions de télévision qui endossent ou encouragent la violence.

La présente décision devient un document public dès sa publication par le Conseil canadien des normes de la radiotélévision.